![]()
Animations des Services pédiatriques aux Cliniques Universitaires Saint-Luc
Entretien avec Martine Delrée, coordinatrice de l’équipe d’animateurs pédiatriques aux Cliniques Universitaires Saint-Luc. Cette mission répond à la loi sur les hôpitaux qui stipule que tout service pédiatrique d’au moins 15 lits doit bénéficier d’un/e animateur/trice à mi-temps et à plein temps si le service compte 30 lits. Médecin de formation, Martine possède plusieurs casquettes. Outre sa fonction de coordinatrice de l’équipe d’animateurs, elle est aussi l’interlocutrice des artistes ou animateurs externes et à d’autres moments encore, elle est clown hospitalière.
Trois pôles d’action qui renforcent la vision de l’animation en pédiatrie et qui permettent la cohérence et l’interaction entre les différents plateaux et services pédiatriques. Adoucir, égayer et enrichir le séjour des enfants à l’hôpital, une mission très sérieuse !
Comment fonctionne l’équipe d’animateurs ?
Martine Delrée : les C.U. Saint-Luc ont engagé une équipe d’animateurs pour les 7 unités pédiatriques. Ici, nous sommes au service de pédiatrie générale et neurologie qui comporte 27 lits.
Ce service possède son animatrice à plein temps. C’est une grosse unité.
L’équipe interne d’animatrices est composée de 6 personnes pour les services d’hospitalisation et d’un ½ temps pour la consultation. Au total, cela représente 4 équivalents temps plein. Presque toutes les unités ont leur animatrice de référence. Tous les matins, les animatrices passent voir les enfants, pour prendre en compte leurs désirs. Nous proposons à l’enfant et aux parents présents un choix d’activités libres comme la lecture, les jeux ou le visionnement de dessins animés et également la participation à des activités encadrées et à des projets spécifiques : ateliers créatifs très diversifiés, cuisine, jeux collectifs .
Le snoezelen est un exemple de projet spécifique à l’unité 81, développé par son animatrice, Christiane Dewaele. Christiane a commencé par décorer une partie de la salle de jeu, avec de tout petits moyens ; tapis de sol, arbre de carton construit avec du papier coloré et d’autres matières, qu’elle a collé sur le mur, etc. Ensuite, nous avons reçu le soutien financier d’associations (notamment l’asbl coup de pouce) pour y placer des éléments véritablement conçus pour le snoezelen (matelas d’eau par exemple). Lors de la rénovation du service, cette partie de la salle a été isolée de manière à ce que les enfants et les parents puissent fermer les portes et se retrouver au calme.
Cette salle de détente sensorielle permet aux enfants et aux parents de se détendre, conçue initialement pour les enfants polyhandicapés, elle profite à tous.
Comment s’organise la collaboration d’un service à l’autre ?
M.D. : nous sommes une équipe d’animatrices qui, ensemble, partageons des ressources, des compétences, des salles et qui travaillons en collaboration sur des projets. Nous élaborons nos calendriers d’activités ensemble. A Noël, Carnaval, Pâques, nous organisons ensemble des après-midis festifs avec des jeux,de la musique, des goûters. La salle d’animation d’une unité va accueillir tous les enfants pour le déroulement des jeux et la salle d’un autre service sera mobilisée pour le goûter de tous les enfants. Des enfants d’un service profitent de la salle d’animation d’un autre service pour une activité spécifique, car elle est mieux adaptée pour leur âge et inversement. Il faut toujours rester vigilant au fait que l’enfant puisse ou non venir dans cet autre service, pour les raisons d’hygiène par exemple. Nous avons aussi beaucoup d’enfants très malades et peu mobiles qui ne peuvent quitter leur chambre. Ils reçoivent alors la visite des animatrices à leur chevet. Cela demande une organisation toute particulière, comme par exemple pour les chambres d’isolement, où il faut longuement nous préparer et désinfecter le matériel que l’on emporte ou utiliser du matériel tout neuf, encore dans son emballage.
Comment çela se passe-t-il pour les intervenants externes ?
M.D. : nous avons des visites régulières d’artistes et l’aide de bénévoles. Parmi les artistes il y a les musiciens de l’asbl «Une note pour chacun» qui viennent chaque semaine, ils voient les enfants qui ne peuvent pas sortir de leur chambre et organisent aussi deux animations collectives dans deux salle de jeux du service de pédiatrie. D’autres artistes sont Anne Henrion, conteuse de l’asbl Hopiconte et les clowns: Paolo Doss et moi-même. Il y a aussi les ateliers Arcadie, le mercredi et le samedi après-midi, qui accueillent les frères et sœurs des enfants hospitalisés. Ce sont des artistes plasticiens, Jonathan et Corinne, rémunérés par l’asbl Jennifer qui animent cet atelier. Ils viennent aussi le vendredi pour voir les enfants en isolement, cette journée là est rémunérée par l’asbl Salus Sanguinis. Tout cela peut paraître complexe mais chacun trouve bien sa place.
Les animatrices de l’hôpital stimulent les enfants à participer aux activités des opérateurs externes. Nous travaillons aussi avec les bénévoles envoyés par Mme Vermeersch, responsable des bénévoles pour l’ensemble de l’hôpital. Ils sont évalués et encadrés par les membres de l’équipe. Les bénévoles ou «volontaires» accompagnent les enfants et les parents en général à raison d’une demi-journée par semaine. Ils aident également à différentes tâches comme la distribution et la maintenance des jeux, livres. Leur aide est très précieuse.
Et ton rôle particulier auprès de ces intervenants externes ?
M.D. : pour les intervenants réguliers, une vraie collaboration s’installe. Après une première prise de contact, je reçois les équipes externes qui veulent lire conter, faire de la magie, de la musique, de la peinture et je discute avec eux. La première chose que j’observe est la démarche humaine, le respect avec lequel ils viennent. En général, je leur dis de passer faire un essai dans la salle de jeux, comme une «audition», pour voir comment ils s’y prennent. Lorsqu’ils arrivent, les animatrices ou moi-même les encadrons. Ensuite, nous en rediscutons en équipe interne pour évaluer la pertinence de l’intervention.
Les projets à long terme doivent être maintenus par un financement propre. Notre rôle est l’encadrement et la stimulation des enfants à participer aux différentes animations venues de l’extérieur et l’encadrement des intervenants.
Ta troisième casquette est ton métier de clown hospitalier ?
M.D. : oui ! Je fais partie d’une équipe de clowns indépendants, je travaille en duo avec Paolo Doss. Auparavant, j’ai suivi une formation des arts de la scène. Pour moi, c’est important ce moment où je vais à la rencontre des patients, des familles et du personnel soignant, lorsque les masques sociologiques sont tombés. On se permet d’être soi-même et d’échanger sur un autre mode, plus naturel. J’ai entamé la fonction de clown avant de prendre la coordination de l’équipe. Je connaissais donc pas mal d’infirmières et de médecins avant de coordonner l’équipe d’animateurs. Ces relations avec le corps soignant ont été un grand apport pour moi. Nous sommes dans une très grosse structure bien organisée, très hiérarchisée. Avec beaucoup de rigueur et de professionnalisme, l’équipe d’animation doit faire entrer un vent de légèreté et de liberté, permettre le plaisir et l’émotion.
Nous pouvons dès à présent dresser un portrait de ta fonction spécifique au sein de ton équipe, comme interlocutrice avec les artistes extérieurs et avec le monde soignant de l’hôpital ?
M.D. : effectivement, je suis aussi la coordinatrice d’une équipe structurée, qui doit pouvoir encadrer tout en laissant une latitude permettant à chacun des membres de l’équipe de pouvoir s’exprimer, exprimer son originalité, pour apporter le meilleur de soi-même aux enfants et aux familles. Il y a aussi l’aspect des limites, à l’accompagnement, dans le temps… Les infirmières ont des permanences et des roulements dans leurs horaires. Tandis qu’avec notre petite équipe, on ne peut assurer une animation permanente 8 heures par jour. Nous prévoyons des animations et puis en fonction de l’état des enfants, des soins et traitements qu’ils doivent suivre nous devons nous adapter. Il faut pouvoir constamment rebondir. De plus, nous devons travailler avec des âges différents, c’est parfois impossible de réaliser l’activité projetée. C’est donc une organisation à gérer au quotidien, par chacun dans son service et pour l’ensemble de l’équipe.
L’équipe travaille-t-elle avec un code de fonctionnement ?
M.D. : nous avons hérité un certain mode de fonctionnement du département infirmier dont nous faisons partie en ce qui concerne les animatrices internes. Mais nous devons encore affiner notre place au sein de l’hôpital. Je pense que c’est important et que nous avons le recul de la pratique et de l’expérience nécessaires pour pouvoir le faire ensemble. Pour que chacun puisse trouver sa place, obtenir une certaine reconnaissance et définir nos règles du jeu à nous.
Mais je ne veux pas prendre la décision et le réaliser seule, je souhaite que ce soit un vrai travail d’équipe.
Merci pour cet entretien, bonne continuation à toute l’équipe d’animation!
Propos recueillis par Emmanuelle Vanbesien, coordinatrice Hospichild
Le remboursement des soins de santé
Les 3 régimes de la sécurité sociale
Mutuelles, soins de santé, assurances...
Focus décembre : Cancer & Psychologie
Focus octobre : L'Association Pluraliste de Soins Palliatifs de Bruxelles-Capitale"
Focus Septembre : La Fondation contre le Cancer
Focus Juillet - août : Interview du Professeur Yvan Vandenplas de l'UZ Brussel
Focus mai : Interview du Professeur Gaston Verellen - CU Saint-Luc
Focus décembre : Huis voor Gezondheid
Focus novembre : Ligue Francophone Belge contre l'Epilepsie
Focus octobre : Stefanie De Loof Service pédiatrique Cliniques de l'Europe - Sainte-Elisabeth
Focus juillet - août : l'asbl La Vague a 30 ans
Focus juin : Association Belge de Lutte contre la Mucoviscidose
Focus mai : Projet National Douleur Aiguë de l'Enfant
Focus avril : Animation des Services pédiatriques aux Cliniques Universitaires Saint-Luc
Focus mars : le métier d'infirmière de liaison
Focus février : SISD Conectar asbl
Focus janvier : Les Cliniclowns fêtent leurs 15 années d'existence
Focus novembre : Centre des Brûlés NOH
Focus octobre : Professeur Mario Govaerts, de l'anesthésie pédiatrique à l'algologie
Focus septembre : La grippe mexicaine AH1N1, avons-nous affaire à une pandémie ?
Focus juillet - août : Rencontre avec le Professeur Chantrain, oncologue pédiatrique
Focus juin : L'école en Hôpital à l'UZ de Gand
Focus mai : La fonction de psychologue de liaison en pédiatrie
Focus avril : 5 ans de l'association Bednet
Focus mars : je veux le faire tout seul ! Prise en charge de l'enfant IMC en Afrique
Emmanuelle Vanbesien - evanbesien@hospichild.be
T: 02/639 60 29
F: 02/512 25 44
Louizalaan 183 Avenue Louise - Brussel 1050 Bruxelles
contact | evanbesien@hospichild.be | un projet du CDCS-CMDC asbl | site réalisé par Piezoworks | ![]()
Hospichild est une initiative des Ministres bruxellois en charge de la santé